ExpertHolding PAR OCCITEA PATRIMOINE

FISCALITÉ 2026

Flat tax et imposition des dividendes


PFU 30 %, option barème, holding et arbitrage rémunération. Tout ce que vous devez savoir sur l'imposition des dividendes en 2026.

L'essentiel à retenir

PFU 30 % par défaut : 12,8 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux. S'applique à tous les dividendes perçus par une personne physique, quel que soit le montant.

Option barème possible : si votre tranche marginale est faible, opter pour le barème progressif avec abattement de 40 % peut réduire la charge fiscale.

Holding : levier d'optimisation : le régime mère-fille exonère 95 % des dividendes au niveau de la holding, permettant de capitaliser et réinvestir sans frottement fiscal immédiat.

Qu'est-ce qu'un dividende ?

Un dividende est la part des bénéfices d'une société distribuée à ses associés ou actionnaires, en proportion de leur participation au capital. La distribution est décidée en assemblée générale ordinaire, après approbation des comptes annuels.

Le dividende est prélevé sur les bénéfices distribuables : bénéfice de l'exercice + report à nouveau bénéficiaire + réserves disponibles, déduction faite des réserves légales et statutaires obligatoires.

À distinguer : dividende (distribution de bénéfices) / rémunération de dirigeant (salaire ou rémunération de gérance). L'imposition et les charges sociales diffèrent selon la nature du versement.

La flat tax (PFU) sur les dividendes : principe et taux

Depuis le 1er janvier 2018, les dividendes perçus par une personne physique sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU), communément appelé « flat tax », au taux global de 30 % (art. 200 A du CGI).

Décomposition du PFU 30 %

Composante Taux Référence légale
Impôt sur le revenu (acompte) 12,8 % CGI art. 200 A, 1 a
Prélèvements sociaux (CSG, CRDS, etc.) 17,2 % CSS art. L136-7
Total PFU 30 % Taux global

Exemple chiffré : dividende de 50 000 €

Calcul de l'imposition :

Dividende brut50 000 €
IR (12,8 %)6 400 €
Prélèvements sociaux (17,2 %)8 600 €
Impôt total (30 %)15 000 €
Net perçu35 000 €

Acompte et régularisation :

L'acompte de 12,8 % est prélevé à la source par la société lors du versement. La régularisation intervient lors de la déclaration annuelle de revenus. Dispense possible si revenu fiscal de référence inférieur à 50 000 € (célibataire) ou 75 000 € (couple).

Flat tax ou option pour le barème progressif ?

Vous pouvez globalement opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu à la place du PFU. Cette option, exercée lors de la déclaration annuelle, s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et plus-values mobilières de l'année.

Avantage de l'option barème : l'abattement de 40 %

En cas d'option pour le barème, les dividendes bénéficient d'un abattement de 40 % sur la base imposable à l'IR (art. 158 7° du CGI). Cet abattement ne s'applique pas aux prélèvements sociaux (17,2 % dus dans tous les cas).

Comparaison PFU vs barème (dividende 50 000 €)

Situation PFU 30 % Barème + abattement 40 %
TMI 11 % 15 000 € 11 900 € ✓ Barème plus avantageux
TMI 30 % 15 000 € ✓ Équivalent ~17 600 €
TMI 41 % ou 45 % 15 000 € ✓ PFU plus avantageux 21 700 € ou plus

Comment sont imposés les dividendes selon la forme de société

Le traitement fiscal des dividendes diffère selon que vous êtes dirigeant d'une SAS/SASU ou d'une SARL/EURL, en raison des différences de régime social applicables.

SAS / SASU

Le président de SAS est assimilé salarié. Ses dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales : seuls les prélèvements sociaux à 17,2 % s'appliquent, comme pour tout associé.

Dividende 50 000 € : PFU 30 % = 15 000 €. Pas de cotisations sociales supplémentaires.

SARL / EURL

Le gérant majoritaire de SARL relève du régime TNS. La part des dividendes excédant 10 % du capital social et des primes d'émission est soumise aux cotisations sociales TNS (en sus des prélèvements sociaux).

Ce point peut renchérir significativement la distribution pour un gérant majoritaire. L'arbitrage SARL/SAS est souvent décisif.

Le cas des prélèvements sociaux du gérant majoritaire de SARL

Pour un gérant majoritaire de SARL, la fraction des dividendes dépassant 10 % du capital libéré (plus les primes d'émission et les comptes courants d'associés) est assujettie aux cotisations sociales TNS. Ces cotisations (environ 45 % selon les cas) s'ajoutent aux prélèvements sociaux de 17,2 % déjà dus.

Conséquence : le coût réel d'un dividende peut dépasser 50 % pour un gérant majoritaire de SARL, ce qui rend l'arbitrage avec la rémunération (ou la transformation en SAS) crucial.

Dividendes et holding : la remontée optimisée

Lorsqu'une holding détient une filiale, les dividendes versés par la filiale à la holding ne supportent pas la flat tax (la holding est une personne morale). Le régime fiscal applicable est le régime mère-fille (art. 145 et 216 du CGI) : quasi-exonération à 95 %.

Sans holding (flat tax)

Dividende versé100 000 €
Flat tax 30 %30 000 €
Net perçu70 000 €

Via holding (mère-fille)

Dividende versé100 000 €
IS sur 5 % (quote-part)1 250 €
Net dans la holding98 750 €
Pour plus de détails sur le mécanisme : régime mère-fille et intégration fiscale et notre guide sur la remontée de dividendes vers une holding.

Éviter la double imposition des dividendes

La double imposition est un mécanisme inhérent aux dividendes : la société paie l'IS sur ses bénéfices, puis l'associé est taxé à nouveau (flat tax ou barème) sur les dividendes qu'il perçoit. La holding permet de réduire très significativement ce frottement.

1

Capitaliser dans la holding plutôt que distribuer immédiatement

En laissant les dividendes « dormir » dans la holding, vous différez la taxation personnelle. La holding peut réinvestir les liquidités, les employer pour une acquisition ou les placer, sans déclencher de flat tax.

2

Optimiser le timing de la distribution

Distribuer en période de revenus globaux plus faibles peut permettre d'opter avantageusement pour le barème. L'arbitrage est à étudier chaque année avec votre expert-comptable.

3

Transformation de la structure (SAS holding)

Une holding en SAS élimine le problème des cotisations sociales sur dividendes qui touche le gérant majoritaire de SARL, réduisant la double imposition effective.

Arbitrage rémunération / dividendes pour le dirigeant

La question de l'arbitrage entre rémunération et dividendes est centrale pour tout dirigeant de holding. Il n'existe pas de réponse universelle : l'optimum dépend de la forme sociale, du niveau de revenus, de la protection sociale souhaitée et des objectifs patrimoniaux.

Les critères de l'arbitrage

  • Protection sociale : la rémunération génère des droits à la retraite et ouvre des prestations ; les dividendes n'en génèrent pas (ou peu).
  • Déductibilité IS : la rémunération est une charge déductible pour la société, pas les dividendes.
  • Cotisations sociales : la rémunération y est soumise intégralement ; les dividendes n'y sont soumis que dans certains cas (gérant majoritaire SARL).
  • Trésorerie de la holding : maintenir des liquidités dans la holding (via faible distribution) permet de financer de futures acquisitions ou investissements.

Note : Les taux et seuils présentés sont à jour de la législation en vigueur en 2026. Une simulation personnalisée tenant compte de votre situation est indispensable avant toute décision. Ces informations ont un caractère indicatif.

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Questions fréquentes

Comment sont imposés les dividendes en 2026 ?

Par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU ou « flat tax ») de 30 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux.

Peut-on échapper à la flat tax ?

On peut opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu, avec un abattement de 40 % sur les dividendes. C'est intéressant pour les contribuables faiblement imposés.

Qu'est-ce qu'un dividende ?

C'est la part des bénéfices d'une société distribuée à ses associés ou actionnaires, en proportion de leur participation au capital.

Comment une holding optimise-t-elle la fiscalité des dividendes ?

Grâce au régime mère-fille, les dividendes remontés d'une filiale vers la holding sont exonérés à hauteur de 95 %, seule une quote-part de 5 % étant imposée.

Les dividendes de SARL supportent-ils des cotisations sociales ?

Pour un gérant majoritaire de SARL, la part des dividendes dépassant 10 % du capital social est soumise aux cotisations sociales, et non aux seuls prélèvements sociaux.

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